Sheldonhurst - UK

La Grande-Bretagne est la patrie des petits constructeurs, artisans, fabricants de voitures uniques ou de très petite série. Il ne cesse là-bas de naître et de disparaître des sociétés qui produisent un ou plusieurs exemplaires d’une voiture, originale ou réplique de voiture historique, à usage personnel ou destinée à la vente, vendue finie « turnkey » ou à assembler soi-même (les fameux « kitcars »).

 

Certaines de ces entreprises, produisant des voitures de qualité, parviennent à atteindre la taille critique et à vivre de nombreuses années : on peut citer Morgan ou Dax.

Les ateliers Sheldonhurst

Sheldonhurst fait partie des entreprises familiales des années 70 qui ont bien grandi et sont passées de l’artisanat au stade de la petite entreprise : en 1985 cette société employait une dizaine de personnes et fabriquait plusieurs modèles de voitures, commençait à établir un réseau de distribution hors de son pays d’origine.

Cette année-là, proche du sommet de sa gloire, Sheldonhurst eut les honneurs de la presse française, avec la couverture du magasine AUTO CHROMES (numéro 66, octobre 1985) ainsi que de la presse britannique (KITCAR de décembre 1985).

La production

La diversification de la production, dont se fait l’écho le magasine Auto Chromes, est telle que ce journal consacre plus de 15 pages aux trois principales répliques : une réplique de la Porsche 356 Speedster (en deux versions : standard et California), une réplique de la Jaguar XK 120 et bien sûr une réplique de l’AC Cobra 427.

Mais la production ne se limitait pas aux répliques. Sheldonhurst produit aussi deux autos originales : la MONGOOSE d’abord, et la GO-FER ensuite.

La réplique de Cobra

La réplique d’AC Cobra fabriquée par Sheldonhurst se distinguait alors des autres répliques principalement par deux caractéristiques.

 

Première caractéristique, les moules de la coque en polyester ont été pris sur une version 427 FIA originale.

 

Deuxième caractéristique, cette voiture était la seule qui n’avait besoin que d’une seule voiture donneuse, une voiture de grande série facile à trouver en Europe, en l’occurrence la Ford Granada. Et le châssis était conçu pour accepter ces pièces sans modification (à part quatre pièces qui étaient fournies dans le kit : la colonne de direction plus longue, l’arbre de transmission raccourci, les ressorts de suspension spécifiques et le pédalier).

 

Cette seconde caractéristique a influé sur la première : il a fallu modifier les arches des ailes de la voiture pour laisser passer les trains roulants de Granada dont les voies étaient plus larges que celles de la 427 originale.

C’est à ce détail que les spécialistes reconnaissent ce moulage qui a été repris par plusieurs fabricants après la disparition de la société : Brightwheel, puis Cobretti, DMS (Dorset Motor Services) et Classic Replicas.

 

Ces moules ont aussi été utilisés en France par PGO d’abord, puis Martin plus tard ; PGO a même commencé par importer et assembler des kits Sheldonhurst avant de devoir continuer seul et produire les éléments lui-même.

 

 

Le tableau de comparaison montre bien que seules les voies avant et arrière différaient sensiblement de la 427 FIA copiée :

 

 

La version bleue à bandes grises ici photographiée appartenait à Norman Hassan, le chanteur du groupe UB40 ; il laissait la voiture chez le constructeur, comme véhicule de démonstration, lorsqu’il partait en tournée à travers le monde.

 

 

 

 

Particularité de cette réplique : un système audio très puissant qui détonne dans un tel véhicule…

Regrets de la presse : avec un tel châssis il aurait fallu installer systématiquement LE moteur de référence chez les anglais, le V8 Rover 3,5. . Châssis, freins, suspension, freinage : tout militait pour la mise en place de ce moteur. Mais la simplicité d’installation et de récupération des composants sur une Granada a prévalu : il existe plus de Sheldonhurst V6 que de V8 !

Une grande partie des voitures vendues l’étaient en kit, ce qui signifie habituellement des réceptions à titre isolé par les particuliers ou les garages, sous des noms différents de ceux du concepteur. S’il n’y a donc probablement pas de voiture immatriculée en France sous la marque « Sheldonhurst », de nombreuses répliques dûment immatriculées circulent disposant du châssis et de la carrosserie conçus par cette société.

 

Martin ou PGO, Brightwheel ou Cobretti : autant de marques connues en France et tributaires des travaux de la société Sheldonhurst.

 

Regardez les ailes avant d’une réplique que vous ne connaissez pas : maintenant quand vous verrez des arches élargies et des roues de taille moyenne qui dépassent, vous saurez tout de suite d’où vient cette conception et pourquoi !

Vous avez un doute ? Soulevez le capot, regardez les tubes qui supportent les ailes…(photo du châssis) ces tubes sont reconnaissables entre mille, leur disposition est caractéristique : le châssis imaginé par Terry Sands et Bill Cook est formé en échelle et constitué de tubes de section carrée et rectangulaire.

Pour terminer, voici la publicité qui paraissait dans la presse britannique :

En conclusion, les répliques sur base Sheldonhurst sont esthétiquement plutôt fidèles au modèle original, avec quelques libertés notamment au niveau des ailes avant. Elles possèdent un châssis robuste qui pourra supporter un bon V8 Rover amélioré voire un « petit » V8 Ford. Elles sont abordables à l’achat, abordables à l’entretien et vieillissent bien : c’est un bon compromis pour un premier achat raisonnable qui donnera déjà de bonnes sensations à leur propriétaire.

 

Nombre de Sheldonhurst recensées au Club : 2

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"Les constructeurs de répliques et continuations"